dimanche 25 septembre 2011

C'est la crise ...

C’est officiel, je vie ma crise de la cinquantaine. Kevin Spacey dans American beauty : c’est moi.

C’était hier, sur un trottoir quelque part entre Stalingrad et Gare du nord, un piercing tout neuf à l’oreille, une évidence. Je me suis, tout à coup, totalement identifiée à ce mec dans son garage à faire des pompes en fumant des joints, toute fière que j’étais d’avoir enfin osé faire ce piercing à l'oreille qui me titille depuis plus de 10 ans.

Ce qui me semblait ridicule avant, me semble désormais de la plus haute importance, Kevin Spacey m’est donc apparu hier d’une courageuse tendresse, en plus d’être super canon.
Si mon nouveau délire n’est pas celui d’avoir de gros biscottos et de me taper une blonde de 20 ans, j’ai en commun avec mon nouveau pote Kevin, celui de vouloir dire merde au monde de l’entreprise et son fric. Parce que toutes ces courbettes n’ont pas de sens, et que sur le trottoir hier, ou avant hier, peut être, je me suis dit que j’avais désormais plus besoin de sens, que de fric … C’est comme ça que j’ai décidé de reprendre mes études pour devenir psychiatre, ce dont je rêve depuis plus longtemps encore, que cette petite décoration du lobe droit.
Si.
Un projet qu’on mitonne depuis plus de 10 ans, ça fait forcément sens non ?
Depuis je saute de joie comme un marsupilami : huba huba ! la grande classe.

C’est quoi alors une crise de la cinquantaine ? C’est quand on découvre que la vie est trop courte et qu’on s’emmerde avec des conneries souvent dictée par le groupe.
On prend alors notre filet à papillon et on s’en va pêcher nos fragiles envies pour les bichonner de plus près.
Et pas besoin d’attendre d'avoir 50 ans pour ça.

dimanche 21 août 2011

un, deux, 1+1 = 2

Je flotte et il pleut. Ça fait beaucoup d’eau. 

Comme un poisson rouge dans son bocal, j’ai le cerveau qui tourne en boucle : 3 images, quelques sensations et puis rien. Mais qu’est ce que je fais donc là ?
Cette vie tout d’un coup, ne fait plus sens, seule quand il est trop loin.
C’est chiant ces histoires de distance, nulle à la tenir, ça m’effraie un peu. 

Il s’agit donc de reprendre pieds, ré-atterrir sur la terre ferme si cruelle soit elle, être une en attendant d’être deux.
Deux, 2, duo, étrange comme ce chiffre absent depuis quelques années (oh mon dieu, presque 3) prend sens tout à coup. Une douleur aiguë presque, ce besoin tout à coup de l’autre, ce petit manque quelque part dans mes tripes, qui me colle à lui.
Et tout ça si vite. Du jour au lendemain, tout s’illumine et diffère, petite pirouette de l’avenir, suite toute autre, là devant moi. 
Je me pince pour ne pas trop rêver, et puis j’y replonge, c’est trop bon ce coton de bonheur. J’ai peur que ça soit faux, fruit d’une imagination amoureuse si volontaire et d’un très long silence. Et puis non, tant de tendresse ne s’invente pas.

Reprendre pied donc, pour savourer l’instant, jouir de ce nouveau soleil et sourire à pleines dents. Et aller, amoureuse, en attendant de retrouver sa peau, la malice de ses yeux et nos projets en grand.

dimanche 7 août 2011

Last night a stranger ...



Samedi dernier j’ai attrapé un coup de foudre, en vitesse éclair, plus rapidement qu’un courant d’air. C’était là devant moi l’air de rien, trop évident pour être esquivé, j’ai plongé tête la première quitte à m’y casser les dents. 


D’abord enveloppée d’un coton de plumes, puis mue d’une euphorie transperçante, je retrouve petit à petit des territoires plus calmes où il faut me pincer pour y croire. Mais que croire ? Moi, nous, aux 4 coins du globe n’est ce pas totalement inconscient, vais je encore me perdre ? 


Je tourne en rond chez moi, à reprendre pied dans ma tête. Quel nouveau piège mon cerveau m’a-t-il tendu ? Où est donc l’astérisque, la clause de non retour, de cette rencontre bouleversante ?
Parce que bouleversée je le suis, amoureuse comme adolescente, touchée par ses lettres, ses mots, ses idées, ses choix et le souvenir de sa peau contre ma peau. 


En 5 jours je suis prête à tout plaquer, changer de vie, de confort, d’amis, et ce n’est bien sur pas raisonnable.  Et ça n’aura que le sens qu’on y mettra. Est ce une trop grande illusion de croire que je saurais me garder de replonger dans les mêmes piscines ? A m’oublier encore pour une trop belle image ?

mardi 19 juillet 2011

du temps ... oui mais pour quoi faire ?




Avant je courrais après le temps (bon et après les garçons aussi) maintenant voilà que j’en ai (trop ?) du temps hein - on a jamais assez d’hommes après qui courir … mais c’est une autre histoire

C’est assez étonnant ces corvées qu’on s’invente pour éviter de penser à ce qu’on voudrait vraiment, non ?
Habitués que nous sommes à faire comme les autres.
Ils sont débordés, je suis débordée (enfin moi plus qu’eux, c’est bien connu)

Et bien depuis quelques temps (justement- ah ce style de répétition !), après avoir lu rapidement, en diagonale, vite je veux la recette miracle « la semaine de 4h » de Timothy Ferris, je me suis offerte la semaine de 4 jours (c'est un début).
4 jours au bureau, 1 journée chez moi.
Et il se trouve qu’en m’organisant bien et surtout en arrêtant de prendre des projets supplémentaires parce que « chef, je m’ennuie ! » ou « chef, je veux me faire bien voir » ou « chef, je veux travailler beaucoup comme ça j’ai l’impression d’être trop forte »  ma journée de home office s’est transformée en free office.
C’est à dire, chez moi, en jean et chaussettes troués avec, si je veux, rien à faire. RIEN A FAIRE !

Oh mon dieu l’angoisse !

Rien à faire : le ménage est déjà fait de toute manière je ne salis pas plus qu'un raton laveur ; pas de diner à préparer : Gudule le poisson rouge est nourri aux croquettes et je ne mange que des pousses de salade bio (presque), de toute manière le frigo est vide ; compte tenu de ma tenue vestimentaire ces jours là c’est pas les lessives qui vont m’achever ; j’ai pris une douche et ai les dents propres, me suis aussi curé le nez… j’ai pas la télé et pas vraiment l’intention de zoner devant quelque chose qui bouge trop vite en bouffant du pop corn, et pour l’instant j’ose pas encore trop sortir de chez moi sauf pour aller chez mon docteur du cerveau, mais c'est la prochaine étape. Bref j’ai rien à faire !

Mais nullement l’intention de travailler. 
Ah ?!?

Je me suis donc mise à la pêche aux canards sur internet, mais ça va bien 1h.
J’ai appelé mamie, joué avec Gudule (limité, très), lu 20 pages de lady chatterlay (faudra que je vous en reparle de ce bouquin), fait la sieste …. et pas mal tourné en rond.

Quel luxe d'avoir une journée par semaine pour soi... oui mais pour quoi faire ?

Quand j’étais petite je voulais être championne de ski, ou danseuse étoile, vers 15 ans je voulais être clarinettiste et pilote de chasse, vers 25 ans mère au foyer, vers 30 ans parisienne en pantalon bleu à fumer des clopes et draguer dans des bars et là maintenant j'veux quoi ? ben je veux la même chose qu'à 30 mais en plus  je voudrais écrire un livre.
Oui parce que c’est le truc que je me dis depuis que je suis toute petite :"un jour, quand je serais grande et que j’aurais le temps... j’écrirais un livre … "

Je viens juste de comprendre que ce jour, c’est là maintenant.

samedi 16 juillet 2011

Que c’est dur d’aimer ou les règles d’or de la pêche aux canards


Que c’est dur d’aimer ….enfin de bien aimer.

Non ? vous ne trouvez pas ?


Alors qu’on nous abreuve d’images de coups de foudre, d’attentions romantiques, de connivence sexuelle parfaite et de « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », il se trouve qu’en vrai, le couple « finger in the nose » connais pas. Même si beaucoup vous diront que c’était une évidence, super simple et que ça l’est toujours … je les soupçonne de mentir éhontément… Peut être que c’est juste parce que moi je suis sur le pli. Mais quelque chose me dit que l’amour c’est du boulot.


J’ai 32 ans et suis libre comme un courant d'air, parfois frais, parfois un peu tiédasse.

En province le diagnostic est fatal : « ma vieille t’es foutu, tu dois pas être finie correctement, mais au moins t’auras ta carrière ».

A paris ou dans les grandes métropoles c’est un peu moins dramatique : « y’a encore espoir mais faudrait se mettre au boulot ma vieille. Alors tu t’épiles et tu te bouge la fesse ! »


Ouais mais la chasse au caribou, c’est pas faute d’avoir essayé…

On a d’ailleurs quelques techniques au point : ski hors piste à l’ucpa pour chopper du trappeur, sourire ultrabrite sur internet ou encore petite robe noire pour les afterwork des jeunes cadres dynamiques de la capitale.

Au commencement, fraichement débarquée sur le marché, on a même joué au foot, travaillé dans la moto, déménagé son frère pour admirer ses potes descendre la machine à laver du 5ème étage et pris des cours de cuisine.


J’en ai donc croisé des males, pour sur, et une bonne dizaine d’un peu plus près, cohabité avec deux d’entre eux, pacsé avec un, chaussé du solitaire …. Mais comment dire …. Ça l’a pas fait ?

Non ça l’a pas fait, mais alors pas du tout …..

12 ans que j’essaye et ça le fait toujours pas.


Vous me direz, y’en a qu’essayent toute leur vie et puis y’en a qu’essayent même pas, ou plus du tout.

Mais comment faire, je vous le demande Brigitte ?


D'abord il s'agit de cibler le bon canard. Exit : les boiteux, les qui ont pas quitté le nid, les tombés du nids (en général ils atterrissent mal), les vilains, les qui savent pas voler de leurs propres plumes, les déplumés …bref.


Et ben figurez vous qu’à la pêche aux canards, moi j’assure pas une cahouette !


J’ai un flair digne d’une chauve souris borgne. Je dois pas avoir le bon matos, je sais pas, mais passée l’euphorie de la rencontre et du plaisir de l’hameçonnage, vient la désillusion : le « merde, j’ai encore choppé le coincoin en plastique bleu pourri , celui qui prend l’eau »


Parfois, parce que Neptune était en saturne et que j'avais mes lunettes, j’en attrape un qui flotte un peu mieux que les autres : un homme à l’œil alerte, l’humour en coin, l’humeur joyeuse, qui tient sur 2 jambes et qui ne plie pas au moindre coup de vent.….


Et ce n’est pas suffisant.


Non ?

Non.


Parce qu'il faut encore savoir en prendre soin, essayer de le comprendre et comprendre que lui ne vous comprends pas toujours. Qu’il faudra être patiente, que la base c’est le désir, que le reste viendra ensuite.

Qu’il ne sera pas parfait, que son appart sera sale ou trop rangé, qu’il faudra faire avec les clubs de golf, le ballon de foot ou simplement sa mère (souvent pire).


Comprendre que c’est un chemin à parcourir ensemble, entre deux canards consentants, même si c’est pas toujours sur la même danse.


Sauf que pour l'instant j'ai pas la patience du pêcheur du dimanche.


mercredi 6 juillet 2011

Le désir : bulles ou cornichons ? J’hésite... Donnez-moi donc une coupette…de plaisir




J’ai envie, j’aimerais, je veux… se transforme souvent en il faut, je dois, je n’ai pas le choix.


C’est la sagesse vous diront certains, vous avez (enfin !) jeté vos caprices d’enfant pour entrer dans l’âge adulte et son lot de responsabilités. Félicitations ! Maintenant que vous avez signé vous devez … ranger, cuisiner, travailler, débattre, payer, vous ennuyer, vous marier, faire des enfants, acheter une maison à la campagne, aller voir mémé, recevoir des amis, faire l’amour 2 fois par semaine (qui disent dans les sondages ipsos), prendre un amant, appeler votre maman et ou votre meilleur amie ou les 2, faire les courses, vous épilez, faire attention à vous, dire du mal de vos collègues, réserver les vacances en avance, écouter les informations, les comprendre aussi, lire, s'intéresser, faire du sport (parce que la fesse ne remuscle jamais), bien dormir et boire beaucoup d’eau, maigrir mais bien manger, faire carrière ou élever vos enfants… si en plus vous faites tout ça les yeux fermés, c’est parfait, a y’est vous êtes arrivés ! à quoi ? au droïde lobotomisé, allez y continuez !!!

Non mais le nombre de choses qu’on fait en se disant je n’ai pas le choix, je dois !


Pas vous ? moi si ! Enfin, ça va mieux. Si j’vous jure, j’me soigne.

C'est que j’avais oublié qu’on avait le droit de se poser 2 min, le cul par terre pour se demander simplement mais en vrai : j’ai envie de quoi ?


Au début c’est terrible, je me suis dit que je ne voulais rien. Enfin si une glace peut-etre, mieux travailler et être la plus sympa de la classe ????

Le souci c’est que le jour où je me suis posée cette question je n’avais plus 8 ans, non, j’en avais quasi 20 de plus et ça faisait bien quelques années que je ne vivais plus chez maman…


Et puis avoir des envies, à part de fraises, à 30 ans, est ce vraiment raisonnable ? C’est tout de même l’age de raison. C’est un peu égoïste voir dangereux de remplacer ces « il faut » par "je voudrais" …

Je voudrais danser, je voudrais apprendre à faire les pâtes au citron comme en italie, je voudrais habiter Paris, je voudrais passer moins de temps au travail, je voudrais avoir les cheveux longs et porter des talons très hauts, je voudrais un pantalon bleu et des ongles verts, je voudrais parler espagnol et partir à florence (oui, ça n'a rien à voir, et alors ???), je voudrais travailler chez moi un peu plus, je voudrais passer du temps avec mon neveu, je voudrais apprendre à chanter, je voudrais trier, jeter, ranger (ben oui moi perso j’aime bien ranger, j’aime pas passer l’aspirateur, ni repasser, ni faire la vaisselle mais j’adore ordonner, ranger, classer), je voudrais voir moins de gens mais plus ceux que j’aime, je voudrais faire du yoga, je voudrais marcher dans paris la nuit, je voudrais lire guerre et paix…

Ça a l’air cool comme programme ? du pur plaisir, non ? ouaaaaaais !!!!!!


Alors oui j’ai pas d’enfants, mais à part cette donnée de taille j’en conviens (et dont je ne peux mesurer l’incidence), le reste j’ai tout comme vous, ou du moins j’avais tout comme vous : le job dans la grosse boite, les semaines de malade à parcourir l’europe, les fesses trop larges pour les soulever. Bref une vie, un peu…de merde on va dire. De celle qui fait pas rêver mais où je faisais 20 fois par jour mes "il faut", "je dois", "je suis obligée de"… sagement.

Un parfait petit soldat. Bon ok, pas parfait, un soldat pestant, stressé, triste, aigri, fébrile, vindicatif …

Avec mes "je dois", j’étais pas sympa, obéissante mais pas sympa. Un soldat qu’irait à la bataille en jurant tout le long du chemin…


Et on est beaucoup de soldats...


Donc mon costume de spirou et moi, un jour on s’est vu dans la glace, petite coquille vide, fatiguée et seule, les doigts dans le Nutella. Entre 2 larmes de croco on s’est dit qu’il fallait que ça change.

Robot, soldat, petite fille modèle, employée dévouée, tous ces costumes trop serrés c’est au panier qu’ils iraient, et pas celui du linge sale, non à la poubelle !


Ça ne s’est pas fait tout seul, et certainement pas après un unique pot de pâte à tartiner.

Non.

On a pris notre bâton de pèlerin et on a progressivement remplacé la liste des « il faut » par les "j’aimerais" puis les "je veux", puis enfin les "je fais" …

En ce moment je suis au "je fais", 32 ans et au même stade que mon neveu 14 mois : je veux marcher, je me hisse debout, tiens je lâche les mains, wahou je tiens tout seul !

On peut donc tenir debout parce qu’un jour on a décidé de marcher....


Essayez tiens un peu de remplacer vos "je dois", par des "je veux" …


Je dis pas qu’on se casse jamais la gueule et qu’on a pas des bleus pas beaux sur les fesses.

Je dis que c’est tellement cool de gambader que ça vaut bien un petit mal de cul !

dimanche 26 juin 2011

Y’a pas que les cornichons qui piquent. Vous reprendrez bien un peu de poésie ?


Il est des moments comme ça, où on se sent vivant, tellement vivant qu’on irait bien réveiller le monde en criant à tue tête, n’importe quoi, juste pour déshabiller un peu nos poumons endormis et être là, bien là, 2 pieds sur terre.
Qu’il s’agisse des notes en bulles d’une clarinette, de la caresse d’un soleil rouge sur la terrasse d’un café, du moelleux d’une verte pelouse sous nos pieds nus, de quelques mots d’une amie, du vent dans le rideau de coton blanc de la salle de yoga, du parfum sucré et mousseux d’une fraise, du rose poudrée d'une pivoine ou de sourires inconnus au hasard des rues, tout est bon pourvu qu’on puisse rêver un peu.
Un peu de magie, j’ai besoin de ma dose, parce que j’en ai marre de ce flamby trop lourd de la vie de tous les jours.
Et c’est un peu ce que ce film « Beginners » veut dire : la poésie est partout si tant est qu’on veuille bien faire l’effort de l’y mettre et surtout de la voir et qu'enfin il n'est jamais trop tard.
Ça m’a donné des envies de voler ce film, loin des cornichons communs, d’essayer un peu plus fort de créer un univers qui me conviendrait plus. Pas besoins de grands froufrous et autres tralalas, un simple soupçon de fantaisie, une pointe de malice, des planètes d’imagination et beaucoup de courage pour oser vivre différemment.
J’en reveux, j’en referra, j’en reprendra là, tout de suite, vite, encore !
PS : les photos ont été prises aux Solidays 2011 de ce week-end